mercredi 14 janvier 2009

La roulette sûre

Le but marqué par Yohann Gourcuff dimanche contre le PSG ne fait que confirmer l'énorme potentiel du jeune meneur des Girondins. Cette double roulette pied droit-pied gauche puis double-contact pour éliminer deux défenseurs avant de marquer du pointu n'est pas le premier exploit technique de ce genre du jeune surdoué dont la grâce fatale nous a déjà bien régalé cette sasion. En effet, le 18 octobre dernier face à Toulouse il se permet une talonnade-râteau pour lui-même médusant deux défenseurs (Fofana, Cetto) avant de battre Carrasso. Au cours de ce match, il est aussi passeur décisif. Scénario identique dimanche dernier face au PSG avec un coup franc décisif sur le but de Diawara avant son exploit de la 70ème minute. Seule différence mais de taille; ce week-end face aux Parisiens, la rencontre était diffusée en prime-time et l'affiche tentante pour un match de gala remporté haut le pied (4-0) par les Girondins. Pour le match de Toulouse c'était un samedi à 19h00 et l'exposition médiatique était logiquement beaucoup moins impactante. N'oublions pas également l'humiliation subie par John Obi Mikel, le défenseur de Chelsea, ridiculisé sur le même geste de Gourcuff en Ligue des Champions au mois de novembre. Alors évidemment tous les médias ressortent la comparaison avec Zinédine Zidane. Certes, l'aisance technique et l'élégance sont là. Les deux joueurs sont passés par Bordeaux et l'Italie (Milan pour Gourcuff et Turin pour Zizou). Le gabarit, la discrétion et la franchise d'un beau regard clair sont incroyablement semblables. En revanche, l'état d'esprit semble très différent. Zinédine Zidane sous des dehors de gentil garçon a toujours eu le sang bouillant d'un Méditerranéen assez frustre intellectuellement. Alors que Yohann Gourcuff, Breton têtu mais réfléchi et très lucide, semble mieux armé pour éviter l'irréparable sur un coup de tête.

mardi 6 janvier 2009

La voile avec la peur

Faute d'actualité sportive, la voile, et en particulier le Vendée Globe, font l'événement. Enfin, toutes proportions gardées, car je suis certain qu'une grande majorité de passionnés de sport ne connaît pas le classement actuel de l'épreuve, voire même le nom du leader. En revanche, nul n'ignore les détails du sauvetage héroïque de Yann Eliès, du démâtage de Loick Peyron ou du chavirage de Jean le Cam. C'est un peu comme le Dakar qui passionne surtout lorsqu'il y a des concurrents accidentés ou des spectateurs percutés. Idem pour l'alpinisme ou la spéléologie, deux passions très honorables mais qui font courir des risques considérables à leurs pratiquants, aux sauveteurs et quelquefois à des personnes qui n'ont rien à y voir. Ce qui est plus discutable dans le cas des épreuves de voile c'est le rapport entre les investissements, les risques encourrus et la valeur médiatico-sportive des épreuves. Il faut savoir, par exemple, que le sauvetage de Yann Eliès a été évalué à plusieurs centaines de milliers d'euros. C'est à la fois peu, car son sponsor Generali (assureur) prendra en charge cette dépense mais c'est beaucoup par rapport à la situation de dizaines de plaisanciers amateurs victimes de ce genre de péripéties mais moins bien assurés et qui en sont de leur poches. Ces considérations n'enlèvent rien aux performances réalisées par ces skippers mais est-il bien raisonnable de prendre autant de risques. Qui est gagnant dans l'affaire ? La pratique des sports nautiques ? Rien ne vaut l'exemple des écoles de voiles disséminées sur nos côtes. La technologie pour les bateaux ? Oui, si on considère que toutes les évolutions actuelles tendent à fragiliser le matériel. Les skippers ? Peut-être, mais je ne suis pas certain que leur famille et leurs proches partagent cette passion. Les sponsors ? De celui qui gagne peut être mais des suivants et de tous ceux qui ont dû abandonner ? Rien n'est moins certain.

lundi 5 janvier 2009

Chili con carnets de route

A la question "Allez-vous vous passionner pour le Dakar sud-américain ?" 73 % des 65 000 lecteurs de l'Equipe qui ont participé à ce sondage, le 1er janvier, ont répondu Non. Ca vous surprend ? Pas vraiment. Les dernières éditions du Paris-Dakar avaient déjà montré des signes de désaffection de la part du public et les médias spécialisés y consacraient de moins en moins de place. La version "Pampa y Tango" ne devrait pas arranger les choses. Des paysages et un parcours exotiques certes mais tellement loin des références françaises, plus proches du Maghreb et de l'Afrique de l'ouest (Ah le bon temps des colonies !). Mais la délocalisation est à la mode, même dans le sport. Pour des raisons diplomatiques, économiques ou météorologiques. Des rencontres de NBA se déroulent bien en Europe, Perpignan et Biarritz jouent des matches de rugby en Espagne. On va même disputer la phase finale de la Coupe de la ligue (française) de handball à Miami, au soleil !!! A quand la finale du Top 14 à Dubaï, les 24 heures du Mans à Lisbonne, la Transjurassienne à Brisbane, Paris-Roubaix entre Agadir et Marrakech ? Et, pourquoi pas Top délire, le Tour de France qui passerait en Corse ?

vendredi 2 janvier 2009

Un agenda de ministre

Lundi 5 janvier, tout le monde reprend le boulot. A commencer par les membres du gouvernement. Nous avons la chance, nous journalistes, de recevoir l'agenda du ministre qui nous concerne, en l'occurence celui de Bernard Laporte, Secrétaire d’Etat chargé des Sports, de la Jeunesse et de la Vie Associative, pour la première semaine de janvier. Dans un souci de transparence démocratique, je vous livre les détails de son emploi du temps ainsi que des explications correspondant à ces activités.:
Lundi, ça commence bien, grasse mat' et premier rencart à 15h30 avec les trois principaux dirigeants du Football Club de Metz. On peut imaginer que les quatre hommes vont discuter des graves conséquences de la crise... qui couve peut-être au sein du club lorrain, seulement 6ème de Ligue2. Pas le temps de chômer, une heure plus tard à 16h30, Bernard Laporte reçoit son homologue guinéen certainement pour évoquer le cas très sensible de...Pascal Feindouno qui a quitté St Etienne pour le Qatar. A priori à 17h30, la journée de travail du ministre est bouclée. Tant mieux car il ne faut jamais trop forcer un jour de reprise.
Mardi, grosse journée avec, dès 9h30 deux réunions à l'Assemblée Nationale. A 12h45, un moment de détente chez Roselyne Bachelot pour la présentation des vœux aux personnels de leurs ministères. L'occasion de serrer quelques louches, de coller quelques bises et surtout de boire un coup. Je vous dit pas comme ils ont un bon traîteur avenue de Ségur. A 15h00, un grand classique du mardi, les questions à l'Assemblée. Digestion tranquille pour Bernard Laporte qui est rarement sollicité. A 16h30, un entretien avec Didier Codorniou, président de la Commission des Sports de sa région, mais surtout ancien "Petit prince" du XV de France. L'occasion de parler Rugby avant de terminer cette journée harassante à 17h30 avec deux responsables de la société qui équipera Val d'Isère en écrans géants pendant les Championnats du Monde de ski. Passionnant et capital pour l'avenir de la France.
Mercredi, encore une journée chargée avec 4 rendez-vous. A 9h00 petit déj avec tous les ministres. L'occasion de raconter leurs réveillons et de parler du bébé de Rachida. A 10h00, conseil des ministres, le jeu de la chandelle du gouvernement. A midi, re-cocktail à l'Elysée pour les voeux du chef de l'Etat. Enfin à 15h00, sieste à l'Assemblée pour un nouvelle séance de questions d'actualité. A 16h00, ça suffit, on plie les gaules.
Jeudi, fin de la semaine de dur labeur pour notre ministre avec un seul rendez-vous à 19h00 pour une soirée en l'honneur des médaillés Paralympiques Pékin 2008. Ca risque de se terminer tard mais comme il n' y a rien de prévu vendredi sur son agenda, Bernard Laporte aura 3 jours pour récupérer. S'il continue comme ça, l'ancien capitaine béglais pourrait bien devenir ministre des armées car il n'a jamais été débordé même en défense.

mercredi 31 décembre 2008

2009 année sabbatique

C'est ainsi tous les quatre ans, juste après une année olympique, il faut se taper une année "sans". Douze mois sans Coupes du monde de rugby ou de foot, sans JO d'hiver ou d'été, sans Euro de foot. Il faudra donc, en 2009, se contenter de grandes compétitions internationales de deuxième catégorie (Mondiaux de ski, d'athlétisme...), d'événements récurrents (Tournoi des VI Nations, Grands Prix de F1, Tour de France, Tournois du grand Chelem...). Seules les qualifications pour la Coupe du Monde 2010 et un hypothétique bon parcours de Lyon en Ligue des Champions nous feront donc vibrer cette année. Alors pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour faire un grand ménage à l'aube d'une nouvelle décennie. En commençant par faire de la place à une nouvelle génération dans certaines disciplines comme le Football qui doit tourner la page 1998. Idem pour l'athlétisme où les Hurtis, Arron, Barber, Doucouré, Baala et autres Raquil doivent laisser les jeunes pousses croître sans leur faire d'ombre. Ce que la natation a fait, d'autres disciplines doivent y parvenir. A condition que tout le monde s'y mette, du président de la fédération aux entraîneurs de club, en passant par la DTN. On peut imaginer que ce sera certainement le cas au tennis avec le remplacement de Christian Bimes en février prochain. Le football et l'athlétisme, en reconduisant leurs présidents respectifs (Escalettes et Amsalem) ont peut être déjà loupé le coche. A eux de nous prouver le contraire. Pour le cyclisme on attend toujours l'éclosion d'une nouvelle génération de coureurs français mais surtout une vraie prise de conscience au niveau des dirigeants et organisateurs pour rendre ce sport enfin crédible, à défaut de devenir un jour complétement propre. La réconciliation suspecte entre ASO et l'UCI au moment où Armstrong décide de revenir dans la course fait malheureusement craindre le pire.


mardi 30 décembre 2008

La mine austère de la défense

Au delà de la forme du ballon et de l'état d'esprit, ce qui différencie fondamentalement le football du rugby c'est que dans la seconde discipline, le jeu commence devant tandis que dans l'autre tout part de derrière. Dès leur prise de fonction, en 2007, les nouveaux entraîneurs du XV de France se sont rapidement penchés sur les carences d'une mêlée tricolore qui a retrouvé sa puissance et sa réputation après un an de travail et la création originale d'une "Académie de la 1ere ligne". Pour l'équipe de France de football, au vu du bilan de l'année 2008 (16 buts encaissés en 14 matches), la défense s'avère être vraiment le maillon faible d'une formation qui a pourtant tellement d'atouts dès qu'on arrive au milieu de terrain. Malheureusement, ce que trois hommes ont eu la clairvoyance de mettre en place pour le rugby, un seul sélectionneur, qui plus est peu apte à l'autocritique et à l'humilité, n'a su ou voulu le faire pour le football français. Il n'est pourtant pas trop tard pour lancer une grande opération "Défense 2010" en liaison avec la DTN et les techniciens des clubs français. Première urgence pour cette mission, remercier très vite les glorieux anciens (Sagnol, Gallas, Boumsong, Abidal, Givet, Silvestre, Squilacci...) et conforter les nouveaux venus, notamment une superbe génération de latéraux (Fanni, Clichy, Evra et Sagna). Parallèlement, créer et stabiliser la défense centrale en intégrant de jeunes talents (Jérémy Mathieu, Mamadou Sakho, Michaël Chrétien...) auprès de joueurs expérimentés comme Stéphane Puygrenier ou Philippe Méxès. Reste le poste de gardien où Lloris et Mandanda ont prouvé qu'ils méritaient leur sélection mais n'ont pas encore démontré qu'ils sont capables de diriger avec autorité une défense. Un beau chantier pour Raymond Domenech en espérant que sa priorité pour l'année à venir ne se limite pas au règlement de sa situation conjugale.

lundi 29 décembre 2008

Un Mercato de rêve

Pas d'actu sportive en cette fin d'année 2008 à l'exception des traditionnelles journées de championnat de foot et de rugby en Angleterre, de quelques sauvetages dans le Pacifique sud et des préparatifs du Dakar version "polluons la pampa". Alors tous les médias spécialisés se ruent sur les éternels maronniers des bilans annuels, équipes type et surtout Mercato. Un marché des transferts limité essentiellement au football avec 99% de rumeurs et quelques rares signatures. Alors, l'espace d'une chronique, amusons nous à imaginer des transferts évidents mais irréalisables:
Chabal à Saint-Etienne. La défense stéphanoise est l'une des plus mauvaise de la L1 à mi-saison (juste avant celle du Havre) et cherche à renforcer son axe central. Sébastien Chabal en a marre du nord de l'Angletterre (Sale) et a manifesté le désir de revenir jouer en France plus près de sa Drôme natale et dans un grand club mais pas trop médiatisé. Un besoin et des désirs qui se rejoignent. St-Etienne-Valence c'est 130 kilomètres à peine. Avec Chabal au milieu des 16 mètres, aucun attaquant adverse n'osera s'y aventurer. Enfin au niveau salaire, il a tout à y gagner même par rapport aux plus grands clubs de Top 14.
Gignac au Stade Toulousain. D'un côté le meilleur buteur de Ligue 1 de cette saison (12 buts en 19 matches) et de l'autre le leader du Top 14 dont les buteurs (Jean-Baptiste Elissalde et David Skréla) sont actuellement les moins performants du championnat et, de plus, souvent blessés. Un transfert très simple puisque Pierre-André Gignac joue au TFC le club de foot de la ville rose. Il n'aura même pas à déménager et certains sponsors (E.Leclerc et Orange) sont communs aux 2 clubs. On peut même envisager un échange avec le deuxième ligne argentin Patricio Albacete dont les 2 mètres pourraient s'avérer très utiles à la pointe de l'attaque du TFC.
Valuev au Selestat Handball SC. A ma droite le champion du monde WBA des poids lourds, 2m13 et 145 kilos. De l'autre le club de handball qui encaisse le plus grand nombre de buts en championnat de 1ère division cette saison. Vous imaginez le boxeur russe dans les cages. Il lui suffirait d'écarter les bras et d'ouvrir les mains pour les rendre totalement hermétiques. Petit problème, de taille. Nicolay Valuev dépasse la hauteur des buts de 13 cm et risque le coup du lapin. Gros problème, de fric. Avec les millions de dollars qu'il a empochés après sa victoire en décembre contre Evander Holyfield, pas sûr que l'aventure dans le Bas-Rhin tente la "Montagne russe" de Saint-Petersbourg.




vendredi 26 décembre 2008

Paquets cadeau

C'est Noël, jour des cadeaux pour les plus grands noms du sport français. A défaut de victoires, de titres et de médailles dont leur palmarès est déjà largement pourvu, imaginons quelques idées de cadeaux originaux qu'ils n'ont pas reçus et dont ils pourraient avoir besoin.
Pour Raymond Domenech: un Oui franc et massif de la part d'Estelle Denis à sa demande de mariage et, surtout, des dirigeants fédéraux qui osent lui dire en face ce qu'ils pensent vraiment.
Pour Laure Manaudou: un nouveau cerveau avec toutes les options (raison, moral, maturité, intelligence...) et surtout pas, un nouveau...club.
Pour Karim Benzema: Des centres millimétrés, des ballons en profondeur et , si possible, le sourire que devrait afficher un gamin comblé, riche et célèbre.
Pour Sidney Govou: Un permis de conduire, un peu de modération mais toujours la joie de vivre et de bonne soirées avec des potes.
Pour Sébastien Bourdais: Un volant, un moteur et le chassis de F1 qui va avec alors que ce sont des Japonais et des Brésiliens bourrés de pognon et charmeurs de sponsors qui héritent des places libres en F1.
Pour la Fédération Française d'athlétisme: Un nouveau président, pas celui qui vient d'être réélu et avec lequel l'athlétisme français n'a obtenu qu'une médaille à Pékin et seulement 2 aux Mondiaux d'Osaka en 2007 et a multiplié les affaires pas nettes.
Pour Sébastien Chabal: Un club en France pas trop loin de sa Drôme natale. Pas trop bling-bling mais suffisamment nanti pour lui garantir un beau salaire et une médiatisation à la hauteur de sa nototiété.
Pour Robert Louis-Dreyfus: Des dirigeants qu'un grand club comme l'OM mérite et pas des bouffons comme ceux en place. Qui ne lui ont jamais donné pour son argent et qui sanctifient des supporters indignes.
Enfin pour moi: plein de lecteurs sur ce blog et, bien sûr, un sport plus propre. On peut toujours rêver à Noël !!!